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Posts by: Alcalina

Jogaki aux Jeux Européens d’Abadá-Capoeira à Prague !

Du 13 au 17 avril, une dizaine d’élèves de Jogaki sont partis aux 19èmes jeux européens d’Abadá-Capoeira à Prague. Au programme de la capoeira, oui bien sûr, mais aussi beaucoup de fous rires !

Prague, son château, son pont, son horloge astronomique, ses alchimistes … et bien sûr son goulash et son trdelnik !

De bons jeux européens commencent toujours par un peu de tourisme… et s’accompagnent inévitablement de nombreuses découvertes culinaires. Si vous suivez un peu les aventures de Jogaki, vous avez dû noter ce goût pour la gastronomie. Notre voyage de Pâques n’y a encore une fois pas fait défaut : nous avons testé – et apprécié – les spécialités tchèques :

Le goulash (ce plat en sauce qu’on retrouve dans une grande partie de l’Europe central) est servi avec des knedlíky, la variante tchèque des knödel, qu’on connait en Allemagne du Sud et en Autriche. Contrairement aux knödel à base de pomme de terre, les knedlíky tchèques sont préparés à base de farine, œufs, levure et pain rassis. La pâte, un peu à la manière de nos quenelles, est façonnée en boules, qui sont pochées dans de l’eau bouillante. Ils peuvent être servis découpés en tranches en accompagnement d’un plat en sauce. Il en existe une forme sucrée, fourrées avec des fruits, et servie recouverte de sucre en poudre et de beurre fondu (ça, ça n’a pas fait l’unanimité chez tout le monde !).

Mais la star culinaire de notre voyage est sans conteste le trdelnik, ou « gâteau cheminée » (appellation française qui semble répandue). Il s’agit d’un gâteau creux, croustillant à l’extérieur et tendre à l’intérieur, façonné à l’aide de boudins de pâtes enroulés autour d’un « tube » qui est ensuite mis à cuire au-dessus de charbons de bois. Roulé dans un mélange sucre, farine de noix, amandes, cannelles (mélange pas très bien identifié mais délicieux ;)), il est ensuite prêt à être partagé facilement entre amis et dégusté tout chaud ! Plus d’infos sur cette star de notre voyage ici.

Et la capoeira dans tout ça ?

Oui parce qu’il faut pas croire. On s’est quand même entraînés sérieusement 🙂 Et même si on reprenait les calories perdues aussitôt le soir ou le midi arrivés, on a bien profité des stages dispensés par les mestres et mestrandos d’Abada-Capoeira : Mestre Camisa (bien sûr ! – si vous savez pas qui c’est … lisez l’article d’en-dessous ;)), Mestre Cobra (son bras droit !) et les Mestrandos basés en Europe (Mestrando Sabia – Belgique, Mestrando Cascao – Portugal, Mestrando Tigre – Belgique). Les stages de Mestre Camisa on fait l’unanimité comme d’habitude, suivis de prêt par ceux de Mestre Cobra. Mestrando Cascao nous a abreuvé d’énergie… et d’exercices physiques ! Mestrando Sabia a encore une fois prouvé toute sa technique (voire nous a perdu certaines fois!) et Mestrando Tigre est sans conteste le plus séducteur et le plus fou de nos Mestrandos ;).

Nous étions répartis en groupes par niveau. La plupart d’entre nous étaient dans le groupe écru à jaune ou dans celui jaune-orange à orange bleu. Pour les jaune-orange du groupe c’était un petit défi d’être avec les orange et orange-bleus mais ils l’ont relevé haut la main ! Les stages étaient bien sûr internationaux (en portugais et traduits en anglais), avec beaucoup de pays de l’est représentés – Prague oblige ! C’était sympathique de rencontrer des capoeirsites qu’on voit peu par ailleurs. Ainsi de nombreux russes, hongrois, polonais, tchèques, slovaques… La francophonie était également bien représentée avec aux côtés des nombreux Français, suisses, belges et Luxembourgeois. Ce qui fait que souvent on se retrouvait à parler français pendant les exercices !

Ok, d’accord, mais c’est qui qui a gagné ?

La France bien sûr, quelle question ?!

Nan parce que pour ceux qui ne sauraient pas, les jeu européens c’est une rencontre internationale de capoeira avec des stages, mais aussi une compétition… et donc un (ou plutôt des) gagnants ! La compétition est ouverte à partir de la corde orange. Pour Jogaki ont participé valeureusement Best Of et Bamba, dans des catégories avec un niveau très élevé : la C (cordes orange-orange bleu) garçons pour Best Of, et la A (vert-violet à marron) garçon pour Bamba. Mais de nombreux français ont participé … et même ont gagné. Ainsi, dans la catégorie « adolescents » (nouveauté cette année), Duracell de Côte d’Azur a atteint la 1ère place avec des gens d’un niveau très impressionnant, n’ayant rien à envier aux adultes ! Et bien sûr la catégorie reine, la A, a été remportée chez les garçons par un Français, notre ami Instrutor Vermelho de Chartes ! A noter la densité du niveau français dans cette catégorie avec 6 demi-finalistes sur 8 qui étaient français ! A saluer également la performance de Instrutora Felina de Strasbourg qui a fini 2ème de la catégorie A féminine derrière Lilas d’Allemagne.

Vous l’avez compris le drapeau Français était de sortie. On a bien compris, on s’est exclamés, on a vibré… Bref de vrais supporters ! L’année prochaine, objectif : sweatshirt France pour encourager nos champions !

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Bon je m’arrête là car je sens que j’en ai déjà perdu certains d’entre vous ;) Si avec tout ça vous avez pas envie de réserver votre week-end de Pâques 2018 pour être de la partie aux XXème jeux européens d’Abada-Capoeira, je ne sais pas ce qu’il vous faut !! ;-)

Mestre Camisa : invité d’honneur du Batizado 2017

Cette année, pour notre batizado collectif du 8 au 11 juin 2017, nous aurons l’immense honneur et la joie d’accueillir le fondateur de notre école, Abadá-Capoeira : Mestre Camisa !

Sa biographie

Né en 1956 à Jacobina dans l’Etat de Bahia au Brésil, dans une famille de cinq capoeiristes, Mestre Camisa, de son vrai nom José Tadeu Cardoso, a commencé la Capoeira dans les années 60 avec son frère aîné, Camisa Roxa. Après la mort de son père, toute la famille déménage à Salvador de Bahia, la capitale de l’Etat. Il continue alors à pratiquer la capoeira en participant aux nombreuses rodas organisées à cette époque dans la rue de la capitale bahianaise, principalement celles des Mestres Waldemar et Traíra, Rue Pero Vaz. Voyant l’attrait de son fils pour cet art ancien qu’est la capoeira, sa mère décide de l’inscrire à l’Académie de Mestre Bimba (1), déjà une référence à l’époque. En moins d’un an, il devient un élève « formé » du Mestre, c’est-à-dire ayant conclu la formation initiale dispensée par Bimba.

Grâce à la troupe folklorique créée par son frère Camisa Roxa, Camisa voyage adolescent à travers tout le Brésil, participant à de nombreuses démonstrations de capoeira. Après un séjour de 3 mois à Rio de Janeiro et alors que son frère part en tournée en Europe, il décide, en 1972, alors qu’il n’a que 16 ans, de rester vivre à Rio pour donner matière à son rêve : enseigner la capoeira. Après quelques temps difficiles, une académie de judo lui fait confiance et il ouvre son premier cours de capoeira dans le quartier de Laranjeiras à Rio. Il devient alors membre du groupe de capoeira Senzala, au sein duquel il sera formé maître. Son professionnalisme et son sérieux aidant, il développe rapidement un important travail au sein de la cité merveilleuse.

En 1988, il fonde son propre groupe de capoeira, Abadá-Capoeira (2). En son sein, Mestre Camisa donne l’accent à la professionnalisation de la Capoeira. Il y développe également l’aspect social de la capoeira, en soutenant à travers des campagnes ou des projets sociaux des causes qui lui tiennent à coeur (lutte contre la pauvreté, éducation par le sport, citoyenneté, écologie …).

Mestre Camisa est aujourd’hui considéré non seulement comme l’un des capoeiristes les plus techniques du monde mais aussi et surtout pour son travail de recherche et de valorisation de la culture afro-brésilienne, et en particulier de la capoeira. Il reçoit ainsi en 2011 la distinction de docteur honoris causa de la part de l’Université Fédérale d’Uberlândia au Brésil.

Sa pédagogie

Au-delà de la pratique sportive, Mestre Camisa porte une grande importance, et ce dès ses débuts, à la recherche dans la Capoeira. Il développe sa propre méthode d’enseignement, en s’inspirant des concepts de Mestre Bimba. Il utilise le caractère ludique de la Capoeira par lequel l’élève découvre ses aptitudes, tant physiques qu’intellectuelles. Il met en place une pédagogie qui permet à chacun, quelles que soient son âge ou ses capacités physiques et mentales, de progresser et développer un jeu de capoeira. Pionner dans l’étude des postures de capoeira, il en propose des déclinaisons pour les adapter dans le respect de l’anatomie humaine, de façon à prévenir d’éventuelles lésions (par exemple aux articulations du genou).

 

VIDEO : Mestre Camisa, en 2006

Voici une des vidéos disponibles de Mestre Camisa jouant la capoeira, filmée en 2006 à l’occasion des jeux européens se déroulant en Belgique. Il s’agit d’un jeu d' »angola ». Jeu traditionnel de la capoeira ancestrale, ce jeu se caractérise par son aspect théâtral et sa malice. Il est souvent joué par les maîtres et capoeirstes de haut grade. Ce jour là, mestre Camisa joue avec Mestre Charm, son élève et aujourd’hui également maître au sein de notre école Abada-Capoeira.

(1) Mestre Bimba est le fondateur de la capoeira « régionale », style de capoeira proche de celui que nous jouons actuellement. C’est également la personnalité qui a été à l’origine du renouveau et du développement de la capoeira au Brésil puis dans le monde.

(2) Le nom du groupe, dont la première partie ABADÁ est un acronyme, signifie « Associação Brasileira de Apoio e Desenvolvimento da Arte-Capoeira » qui se traduit par « Association brésilienne d’appui et développement de l’art de la Capoeira ». C’est une association à but non lucratif et un des plus grands groupes de capoeira au monde de par le nombre de ses adhérents avec plus de 40.000 pratiquants dispersés dans plus de 40 pays. ABADÁ-Capoeira revendique une identité singulière parmi les autres groupes de capoeira de par son style, ses actions en faveur de l’écologie et de la citoyenneté et une philosophie de vie développée à travers l’art de la capoeira.

L’association Sol do Sul : une belle rencontre

Jogaki en démonstration au salon autonomic 2014 à porte de Versailles en soutien à Sol do Sul

Mercredi 11 juin fut l’occasion d’une belle rencontre pour Jogaki : celle de l’association Sol do Sul, de sa présidente Jacqueline et de sa fille Tanise.

Sol do Sul est une association française domiciliée dans le 14eme arrondissement de Paris qui – comme nous – a pour objet de promouvoir la culture brésilienne en France. Ce n’est cependant pas une asso de capoeira. Elle se distingue par deux particularités :

1) Sa présidente est bien brésilienne… mais a les cheveux blonds, bouclés, les yeux bleus et des tâches de rousseur !
Si à ce moment de l’article vous pensez que je vous mène en bateau, c’est que vous devez absolument contacter l’association et participer à ses événements !
Sol do Sul promeut en effet plus particulièrement la culture de l’état du Rio Grande do Sul dans l’extrême sud du Brésil, dont vous connaissez certainement la capitale, Porto Alegre, ne serait-ce que parce que la France y a joué son match d’ouverture de la coupe du monde. Or les habitants de cette région sont presque tous des descendants de colons européens (Allemagne, Italie, Pologne, etc.). Certaines traditions du Rio Grande do Sul nous rappellent d’ailleurs étrangement le vieux continent, telles que les Oktoberfest organisées dans de nombreuses villes et villages de l’Etat au même moment que leur grande sœur bavaroise.

Si vous voulez en connaître plus sur la culture de cette partie du Brésil, je vous invite à participer au festival Rio Grande do sul qu’organise l’association du 10 au 12 octobre 2014.

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Overflow: Hidden No More

 

2) Tanise, membre active de l’association, est malvoyante… et capoeiriste ! En rejoignant Sol do Sul elle a décidé d’y apporter son combat pour le handicap. L’association organise ainsi depuis des actions franco-brésiliennes en faveur des handicapés. Par exemple des voyages d’handicapés français à Porto Alegre et ses environs afin de rencontrer leurs « homologues » brésiliens et de se rendre compte des différences entre les deux pays, notamment en termes de prise en charge du handicap. C’est donc pour son action en faveur des handicapés que l’association était présente sur le salon Autonomic, salon dédié à l’autonomie des personnes âgées ou handicapées, du 11 au 13 juin à Porte de Versailles, Paris. Elle y avait un stand et elle y proposait deux démonstrations culturelles et sportives par jour. Un jolie scène avec fond noir et installation son et lumière avaient en effet été installées dans un coin du hall d’exposition. Des bancs disposés autour permettaient au public d’assister aux performances.

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Ayant dans le passé déjà suivi quelques cours de capoeira, Tanise souhaitait montrer que le handicap n’empêchait pas forcément de pratiquer et que malvoyante elle pouvait aussi bien rentrer dans une roda qu’une valide. C’était également l’occasion de promouvoir un aspect culturel de son pays. Les deux points forts de Sol do Sul étaient ainsi représentés.

Nos coordonnées obtenues grâce à la Maison des associations du 14eme, toujours présente pour aider ses membres (Merci !), Tanise et Jacqueline nous ont contactés pour nous demander de participer – bénévolement bien sûr – à leur aventure. Nous étions bien entendu d’accord sur le principe mais avions peur de décevoir : il n’est pas facile de réunir assez de capoeiristes le mercredi en journée pour une démonstration. Heureusement Tanise nous a rassuré : il s’agissait surtout de sensibiliser le public au handicap et de montrer qu’handicap et capoeira n’etaient pas forcément antinomique. Elle ne s’attendait pas à une démonstration impressionnante pleine de saltos. Ouff !

Voilà donc 4 petits Jogaki le mercredi 11juin 11h devant la scène illuminée un peu stressés… nous n’étions quand même pas très nombreux. Heureusement Tanise a été géniale. Quelques mouvements d’échauffement, quelques attaques, quelques esquives ensemble pour montrer au public les bases de la capoeira et que cela est abordable. Puis quelques jeux de benguela et de Sao Bento avec Tanise puis deux petits solos. Et voilà ! Nous quittions la scène sous les applaudissements et les chants du public qui avait appris du coup quelques coro enchantés par le mélange de sport et chant.

Ce fut donc une belle rencontre humaine. Peut être le début d’un partenariat plus long avec Sol do sul. Et l’occasion pour quelques Jogaki de prendre confiance en eux, en particulier dans leur capacité à participer aux démos. C’est avec des aventures comme celles-ci que Jogaki s’enrichit !

Merci encore Tanise et Jacqueline et à bientôt sur le Festival Rio Grande do Sul :-)