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Posts by: Alcalina

Deux Jogaki bénévoles à Leo Lagrange !

Le jeudi 6 juin dernier, Bamba et moi avons participé à titre personnel et bénévole à un événement phare du sport et de l’éducation populaire pour enfants à Paris : la 8ème marche scolaire de Paris organisée par le Comité Départemental Sportif Leo Lagrange !

Qu’est-ce que la marche scolaire ?

Destinées aux écoles élémentaires (du CP au CM2) d’un territoire, les marches scolaires sont une manifestation sportive organisée sur le temps scolaire, accessible à tous, quel que soit le niveau de pratique sportive ou le handicap éventuel. C’est également un programme pédagogique qui permet d’associer à la marche une thématique spécifique, qui peut être culturelle, écologique (comme cette année avec les arbres remarquables) ou relative à la santé.

Plus précisément, les marches consistent en un parcours d’une dizaine de kilomètres environ jalonné de points de contrôle et ravitaillement, en milieu naturel ou urbain, selon le territoire concerné. D’un point de vue pédagogique, en fonction de la thématique retenue, les enseignants préparent la marche et travaillent les contenus. Les organisateurs fournissent les ravitaillements, un goûter et dans la mesure du possible des cadeaux souvenirs pour les participants (des scoubidous, cette fois-ci, qui ont été fortement appréciés par les enfants !).

Cette année, la marche a regroupé 2800 enfants d’une centaine de classes parisiennes, a débuté au jardin de l’Arsenal (pour les plus grands – CE2 à CM2) ou au square derrière Notre-Dame (pour les plus petits – CP et CE1). L’arrivée était également jugée au jardin de l’Arsenal.

Avec Bamba, nous nous trouvions au square derrière Notre-Dame, point de départ des plus petits et de ravitaillement pour les plus grands. Nous avons donc vu défiler tous les enfants ! Bamba aidait à la prise de photo : chaque classe devait être prise en photo au départ avec sa maîtresse et une pancarte indiquant le nom de l’école et la classe. Comme les classes sont presque arrivées toutes en même temps cela a fait quelques bouchons et les photographes (au nombre de deux) devaient se dépêcher ! Moi j’aidais à la distribution des sacs de départ (avec les indispensables casquettes jaunes) et du goûter par la suite. Pas le temps de chômer ! A peine la dernière classe de petits partis qu’arrivait la première classe des grands, au pas de course tout droit du jardin de l’Arsenal ! Heureusement tous n’étaient pas si pressés et plusieurs enfants avaient pu bien profiter du parcours, du soleil (présent – miraculeusement – ce jeudi 6 juin) et de toutes les belles espèces d’arbres recensées sur le trajet !

Voilà quelques photos de cette journée – vous n’y voyez pas Bamba, normal c’est lui qui est derrière l’appareil 🙂

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Mais au fait, Leo Lagrange, c’est quoi ?

La question serait plutôt c’est qui ! En effet, Leo Lagrange est un ancien homme politique très engagé pour le sport et la jeunesse. Né le 28 novembre 1900, élu député en 1932, il se voit confier, après la victoire du Front populaire en 1936, le premier Sous-secrétariat d’Etat aux sports et à l’organisation des loisirs de l’histoire de France. Il vient logiquement en accompagnement de l’apparition pour les masses laborieuses des congés payés et du temps libre, dans lequel Leo Lagrange voit la condition de la dignité de l’homme. Souhaitant rendre le sport et les loisirs culturels accessibles à tous, il multiplie le nombre de stades, créé le Brevet Sportif Populaire ou encore les Mardis populaires du Louvre. Afin de permettre au plus grand nombre de profiter des tous nouveaux congés payés, il obtient 40 % de réduction sur les billets ferroviaires pour les salariés et leurs familles, dont bénéficient 600 000 personnes dès l’été 1936. Grâce à son appui, le nombre d’auberges de jeunesse double en 1936. Il soutient également la tenue des Olympiades populaires à Barcelone, organisées en contrepoint aux Jeux olympiques de Berlin instrumentalisés par le nazisme.

Voici sa photo et quelques unes de ses citations : 

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Créée en 1950 sous l’initiative notamment de Pierre Mauroy, afin de réaliser l’ambition de Leo Lagrange (des loisirs et des sports éducatifs pour tous), la Fédération Leo Lagrange est un réseau d’associations d’éducation populaire reconnu d’utilité publique. Ses deux principaux métiers sont l’animation et la formation. Mais elle compte également en son sein une association sportive, l’Union Nationale Sportive Léo Lagrange, fédération affinitaire multisport dont la branche de Paris organisait cette marche !

Une belle expérience !

Cette expérience fut très enrichissante pour nous, car elle nous a montré qu’on peut réussir à attirer des jeunes qui ne sont pas forcément des habitués de la marche ou des terrains de sport vers l’activité physique d’une manière ludique et éducative ! La preuve en est que cette marche a chaque année plus de succès et que les organisateurs sont obligés de refuser des participants. Leo Lagrange est un acteur de premier plan de l’éducation par le sport qui développe depuis plusieurs années une riche expérience avec les enfants et les jeunes, expérience dont on ne peut que s’inspirer ! La fédération met en œuvre diverses méthodes éducatives, développe des formations « éducation par le sport » et ne cesse de sensibiliser le public sur l’importance du sport pour tous : on ne peut que les soutenir dans ce projet ! Pour Jogaki, petite et nouvelle association dans le domaine du sport et de la jeunesse, l’UNSLL fait figure de modèle et de « grande sœur » qui pourra peut-être plus tard nous conseiller.

Cultura Popular Brasileira : JONGO

Dans l’article Jogos Europeus 2013 Partie 2 : La « Roda de Abertura » publié le 11 avril 2013, vous avez peut-être été étonné de découvrir à la fin une vidéo d’une danse bizarre que vous ne connaissiez peut-être pas : le jongo. Pour vous éclairer, voici un petit article sur le sujet !

 

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Manifestation culturelle afro-brésilienne, le jongo est aujourd’hui l’une des formes de « cultura popular brasileira » (entendez par là plutôt culture folklorique brésilienne) en vogue au Brésil, en particulier dans la région de Rio d’où elle est originaire. Il s’agit d’une forme d’expression qui intègre percussions de tambours, danse collective et éléments magico-poétiques.

 

HISTOIRE

S’il a clairement ses racines dans les savoirs, rites et croyances des peuples africains (notamment ceux de langue « Bantu », très présents en Angola), le jongo est né parmi les esclaves qui travaillaient dans les plantations de café et de cane à sucre du sud-est brésilien, principalement dans la vallée du fleuve Paraíba do Sul. Encore aujourd’hui, cette région à cheval entre trois états brésiliens (Rio de Janeiro – RJ, São Paulo – SP et Minas Gerais – MG), constitue la zone d’influence principale du jongo (cf. carte ci-dessous). Pour les esclaves, le jongo était une forme de loisir mais aussi de résistance culturelle à la domination coloniale.

 

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On retrouve nombre de jongueiros (danseurs de jongo) aujourd’hui dans la ville et la périphérie de Rio de Janeiro, du fait de l’exode rural qui suivit la fin du « cycle du café » (1840 – 1929) au Brésil : les populations n’ayant plus de travail dans les fermes de la vallée, elles immigrèrent vers la capitale emportant avec elles leurs cultures. Le Jongo da Serrinha, une des formes les plus connues de jongo, est le résultat de cette migration historique. Serrinha est en fait une colline (un Morro) du quartier de Madureira dans la zone nord de Rio. Au sein de cette communauté (comunidade), le jongo fut particulièrement préservé pour finalement arriver jusqu’à nous aujourd’hui.

Menacé par l’urbanisation, les migrations ou encore les discriminations envers la culture afro-brésilienne, le jongo semblait en effet voué à disparaître. Certains jongueiros (notamment Vovo Maria ou Mestre Darcy à Serrinha) décidèrent de se regrouper et d’agir pour préserver leur culture. Ils créèrent des spectacles de jongo et ouvrirent la roda de jongo aux enfants et aux jeunes (jusque là la roda était réservée uniquement aux plus anciens). Une rencontre annuelle des Jongueiros (pratiquants du jongo) réunissant les représentants de São Paulo et Rio de Janeiro fut également mise en place en 1996. De ces rencontres est né en 2000 le réseau pour la mémoire du Jongo Rede de Memória do Jongo e Caxambu ») qui a pour objectif de renforcer les liens entre les différentes communautés jongueiras ainsi qu’entre les jongueiros et la société en générale.

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Ce processus de mobilisation et d’organisation aboutit à l’inscription du jongo au patrimoine culturel du Brésil en 2005 par l’IPHAN (l’Institut du Patrimoine Historique et Artistique National), au même titre que d’autres manifestations culturelles comme la Samba ou la Capoeira.

 

PRINCIPALES CARACTERISTIQUES : Instruments, chants et pas de danse

Egalement appelé Tambu, batuque, tambor ou encore caxambu, le jongo se danse, se chante et se joue différemment selon la communauté qui le pratique. Il s’agit donc d’une forme d’expression très riche, conservant toutefois des traits communs à toutes les communautés, que ce soit le profond respect envers les anciens, la valorisation des énigmes chantées ou encore l’élément chorégraphique qu’on appelle « umbigada » (pas de danse lors duquel on a l’impression que quelqu’un vous tire par le nombril – umbigo en portugais). Le jongo paulista se danse ainsi plusieurs couples à la fois alors que le jongo carioca est un jongo de corte : il se danse un couple à la fois, les danseurs de la roda « coupant » et « achetant » le jeu pour remplaçant un des deux danseurs au centre.

Pour les jongueiros, le jongo est l’ancêtre de la samba, qu’il influença de manière décisive. Les fondateurs des écoles de samba furent en effet des pratiquants de jongo dans les favelas de Rio. En outre, la « umbigada », une des caractéristiques principales du jongo, se dit en dialecte africain quimbundu « semba », terme à l’origine du mot samba.

 

Les instruments traditionnels du jongo sont deux tambours, un grave appelé caxambu ou tambu et un aigu appelé candongueiro. Mestre Darcy inventa lui un troisième tambour soliste, désormais utilisé dans la plupart des rodas cariocas. Les tambours sont considérés comme sacrés, permettant la communication avec les ancêtres. Au début du jeu, les danseurs présentent d’ailleurs leur respect aux tambours.

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Le chant du jongo prend la forme de questions / réponses. Les chants sont appelés « pontos ». Le soliste chante les couplets, souvent improvisés et le chœur de la roda répond. Les pontos jongueiros évoquent la plupart du temps la nature, les événements de la vie quotidienne, le travail au champ ou encore la volonté de révolte face à l’oppression. Les paroles mélangent souvent langue portugaise et dialectes bantu ou quimbundo. Les jeux de mots contenus dans les chants de jongo servaient également comme une sorte de langage codé pour les esclaves, ce qui leur permettaient de communiquer entre eux, de se moquer même publiquement de leurs maîtres, sans que ceux-ci ne comprennent. Un ponto de jongo se termine toujours pas le mot « machado » crié par le soliste (ou celui qui va lui succéder). Les tambours et les danseurs s’arrêtent alors avant de commencer un nouveau ponto.

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Les pas de base sont relativement simples. Ce sont les mêmes pour les hommes et pour les femmes. La danse du jongo laisse une grande place à l’improvisation et à l’imagination du moment que l’on reste dans le bon tempo.

Voici un reportage de 15 min (documentaire produit par la chaîne Canal Futura dans le cadre de son émission « danças brasileiras » présentée par Antônio Nóbrega et Rosane Almeida) qui présente le jongo da Serrinha dirigé par Dona Maria Mendes. Le reportage est en portugais mais les dialogues ne sont pas trop nombreux et la vidéo donne un bel aperçu du jongo, ses principaux pas ainsi que ses chants. Vous verrez également que c’est un lien d’échange riche entre jeunes et plus anciens.

 

 

AUJOURD’HUI

Le professeur Bárbaro, présent aux Jogos Europeus 2013 à Munich, réalise avec son groupe Jongo da Lapa la désormais déjà traditionnelle roda do jongo da Lapa sous les arches de Lapa chaque dernier jeudi du mois à 21h et ce depuis juin 2004 !

Voici un aperçu de l’ambiance qui y règne (le ponto entonné par Bárbaro est une de ses créations, de son deuxième album, signe de la vivacité du jongo aujourd’hui !) :

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS

Si vous voulez en savoir plus (et parlez portugais), je vous conseille ces deux sources, dont j’ai tiré la majorité des informations ci-dessus :

Capoeira à l’école : Les enfants de Paradis et Belzunce sur scène à la mairie, Paris 10ème !

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Mercredi 15 mai, 16h. Les enfants sont presque prêts. Ils enfilent de beaux t-shirts peints à la main aux couleurs de Jogaki par leurs animateurs. La tension monte. Un petit refuse. Il a trop peur de monter sur scène… Heureusement, un de ses camarades est là pour le remplacer.

 

Il faut dire qu’il y a de quoi être impressionné. A à peine 4 ans pour les plus jeunes et 8 ans pour les plus âgés, ils s’apprêtent à présenter un petit spectacle de capoeira sur la scène de la salle des fêtes de la mairie du 10ème, en haut d’un grand escalier de marbre digne des châteaux de Disney et devant l’ensemble des enfants des centres de loisir de l’arrondissement et leurs animateurs. Cela fait pas mal de monde : une vraie ruche cette salle des fêtes avec tous ces enfants – déguisés pour la plupart – courant dans tous les sens !

 

Ils ont en plus une certaine responsabilité : ils représentent leurs écoles, Paradis et Belzunce, où Jogaki donne des cours bénévolement tous les mercredis matins depuis janvier. Après plusieurs semaines d’entrainement appliqué mais dans la bonne humeur, 8 d’entre eux ont été choisis par leur professeur pour se présenter sur scène ce mercredi 15 mai. 3 filles et 5 garçons de toutes les couleurs. Ce ne fut pas facile de les choisir. Jogaki est vraiment très heureux d’intervenir dans ces centres de loisir car les enfants sont tous très éveillés et motivés. Ils apprennent vite et sont demandeurs. Ce ne fut donc pas facile de les départager.

 

16h20. Le goûter est fini. Le DJ de la fête stoppe la dernière musique à la mode. Cela va être à leur tour. Sous l’œil bienveillant de leurs directrices, les élèves montent enfin sur scène accompagnés par leur professeur Bamba et un animateur du 10ème, lui aussi capoeiriste, graduado ratão (GCB). On annonce le spectacle de capoeira au micro. Alors qu’il y a encore quelques minutes tous les enfants dansaient dans tous les sens ou s’afféraient près du buffet, les premières notes du pandeiro les font se rassembler et s’asseoir devant la scène. Certains accompagnent même l’instrument en tapant dans les mains en rythme.

 

Et c’est parti. Les plus courageux sont des courageuses : deux petites filles veulent absolument commencer et jouer ensemble : enchainement de meia-lua et de cocorinha, une série de belles roues, ouah… le public est impressionné ! C’est au tour des garçons d’y aller. Puis Bamba achète avec eux. Il joue avec un petit : on dirait lui il y a quelques années. En plus aussi doué ! Et hop, un petit macaco ! Attention, cela glisse un peu sur la scène… On évitera les grands sauts.

 

Après quelques minutes de show, les enfants sont bien fatigués… Le pandeiro accélère puis s’arrête dans un dernier son. Applaudissements et salut des enfants. Leurs animateurs et leurs amis sont vraiment fiers d’eux. Une photo sur scène avant de partir et les enfants courent vers le buffet : la capoeira, c’est bien connu, ça creuse ! 

 

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